Grandvaux

Grandvaux


La ligne de démarcation traversait le carrefour situé sur la Départementale 985 entre Charolles et Génelard.


Un jour, ma sœur s’est faite arrêter au poste de Grandvaux. Elle a été fouillée. Manque de chance pour elle, elle cachait du courrier clandestin dans un bouquet de fleurs. Elle a été emmenée à Paray où mon père a réussi à la faire sortir grâce à des connaissances.

Témoignage de Maurice Roux, recueilli en 2007 par Sébastien Joly


Je passais souvent clandestinement la ligne de démarcation sur la commune de Grandvaux. La ferme, avant le carrefour, où se trouvait le poste de contrôle, appartenait à un cousin germain de ma mère. Un de mes oncles habitait au bourg de Grandvaux.  Je franchissais donc la ligne clandestinement pour aller voir mes grands-parents à la ferme de Saillant à Viry dans le Charolais. Le château de la Velle, chez Dargaud, en zone occupée, à quelques kilomètres du bourg de Grandvaux, abritait l’Etat Major Allemand. Les douaniers étaient beaucoup plus sévères que les Allemands de 1940. Un soir, au poste, on présente nos papiers. Le douanier n’avait pas de lampe donc il a allumé sa cigarette pour éclairer nos autorisations !

Témoignage de Louis Pierre, recueilli en 2007 par Sébastien Joly


J’habitais au « Guide » à Grandvaux avec mes parents dans une petite ferme avec quatre vaches, juste à côté de la barrière allemande. Les Allemands contrôlaient alors les personnes qui venaient de Génelard et de Saint-Aubin et celles qui allaient sur Charolles. Les douaniers avaient fabriqué une cabane en bois avec deux pièces qu’ils chauffaient l’hiver. Ils avaient des gros morceaux de bois qu’ils fendaient en tirant leurs balles dessus… sauf que les balles atterrissaient dans le pré où il y avait nos vaches. Mon père a essayé de négocier avec eux pour qu’ils arrêtent, pas moyen ils ont continué…L’un d’eux était un vieux qui pleurait souvent, c’est même lui qui m’a appris quelques mots d’allemand. Mes parents avaient négocié avec les douaniers de pouvoir aller voir des amis, à Baron, au lieu-dit « Pierre amassée », sans papier, mais ils devaient revenir avant 9 heures du soir. Les Allemands n’ont jamais su que mes parents écoutaient Radio Londres là-bas !

Notre ferme, étant juste à côté de la barrière, les Allemands avaient accès à notre cave et à notre puits dans la cour de notre ferme. Ils se servaient ainsi parfois en eau et, dans la cave, ils stockaient de la nourriture. Je les ai vus manger du beurre et du saucisson ! Ma mère a toujours refusé de leur vendre quoi que ce soit.  Notre cour était partagée : une partie en zone occupée et une en zone libre ! Je faisais passer du courrier clandestin, notamment pour un de mes cousins Sarrazin de Charolles, qui, plus tard, a hébergé des résistants dont des Anglais.  Je savais que c’était interdit, mon père me répétait toujours de ne rien dire. Le courrier arrivait chez nous dans une double enveloppe et je les apportais dans la boite aux lettres au bourg de Grandvaux en zone libre. Je n’étais pas très grand donc j’avais du mal à atteindre la boite ! Un soir, les douaniers m’ont fait entrer dans la baraque en bois en laissant partir mon frère et ma sœur. Ils m’ont questionné pendant deux heures, j’en ai pleuré. Ils voulaient absolument que je leur dise que je passais du courrier. Ils m’ont tâté et ils ont fouillé tous mes cahiers d’école, page par page ! J’avais été dénoncé… Ils m’ont relâché faute de preuve.

Témoignage de René-Jean Sarrazin, recueilli en 2024 par Sébastien Joly


Inauguration

Le 28 septembre 2025, la commune de Grandvaux accueille son poteau gravé lors d’une cérémonie émouvante en présence des enfants des écoles, de M. le Préfet et de M. Sarrazin, enfant à l’époque.

Discours de Sébastien Joly, président des Combattants Volontaires de la Résistance

Photo souvenir avec les élus, les enfants, les porte-drapeaux et les membres associatifs des CVR

Discours de M. le Préfet de Saône-et-Loire

Remerciement aux porte-drapeaux de la part des élus et des enfants

Quelques membres de l’Association des Combattants Volontaires de la Résistance

Photo souvenir : René-Jean Sarrazin, enfant à l’époque vivant à quelques mètres de la barrière et Sébastien Joly, président des Combattants Volontaires de la Résistance

Partager cette page :