Pouilloux
Pouilloux
La ligne de démarcation, après avoir traversé Grandvaux et Martigny-le Comte, passe par la commune de Pouilloux en suivant l’actuelle route départementale avant de rejoindre Saint-Vallier.
La ligne de démarcation sépare alors la commune en deux avec deux postes de contrôle allemand : l’un au pont du Tamaron où le lavoir servait de lieu de fouille et l’autre à la sortie de Pouilloux, direction Cluny, à l’embranchement de la rue de la Vaivre.
J’habitais au bourg du village. Mon père était secrétaire de mairie et nous habitions au dessus de l’école des filles au premier étage. Notre maison était un véritable poste d’observation : on voyait la route du bas qui servait de ligne de démarcation et qui reliait les deux postes allemands. On voyait bien le passage des patrouilles allemandes et surtout les heures où elles passaient… Seulement un poste sur les deux était gardé, si bien que depuis nos fenêtres, nous savions où étaient postés les Allemands !
Des gens arrivaient, on ne savait d’où, et demandaient à franchir la ligne mais ils n’avaient pas d’autorisation. Souvent, je descendais par la route de la Vaivre et partais en éclaireur avec un béret, avec les clandestins quelques mètres derrière moi. Si je levais mon béret, c’est que la patrouille était là. Un jour, je n’ai pas levé mon chapeau car les Allemands n’étaient pas dans le secteur sauf qu’ils sont arrivés ensuite et ont arrêté les gars qui me suivaient.
Il m’est aussi arrivé de passer du courrier, des lettres de l’administration française puisque la ligne coupait toute relation postale. Mon père recevait des lettres en mairie à passer en zone non occupée, il les passait dans sa musette et je l’aidais parfois.
Témoignage de René Fontaine, recueilli en 2007 par Sébastien Joly
Parfois, des habitants invitaient les Allemands à boire un petit canon. L’un d’eux, Joseph, pleurait tout le temps en montrant des photos de ses enfants laissés en Allemagne. Attention, les gens du coin n’étaient pas des collabos ! En les invitant à boire, c’était une tactique pour libérer le poste de contrôle et, comme ça, pendant ce temps-là, passait qui voulait !... En 1941, un haut gradé allemand est venu garder la barrière. Les habitants le surnommaient « cul de piau » car il portait une grande culotte et une basane en cuir. Il n’était pas commode…
Témoignage de René Saunier, recueilli en 2007 par Sébastien Joly
Mon mari habitait une ferme au Champ Poussot et il faisait passer de nombreuses personnes par les prés des Pierres Folles à quelques centaines de mètres du poste de la Vaivre. Il passait de jour ou de nuit caché derrière les haies. Les clandestins couchaient dans le garage et ensuite il les faisait passer en général vers 5 heures du matin. La journée, c’était plus difficile car plus voyant. Il donnait aux gens des vestes de paysans avec un bâton ou une pioche à la main pour faire illusion ! Il les guidait jusqu’au Mont Saint Vincent.
Témoignage de Eugénie Desroches sur son mari Jean, recueilli en 2007 par Sébastien Joly
Inauguration
Le 17 juin 2023, l’association des Combattants Volontaires de la Résistance de la Résistance inaugure à Pouilloux un pupitre et un poteau gravé au lieu-dit « La Vaivre » à l’ancien emplacement de la barrière allemande.